La pollution

Le projet PSYCHEAU « Les médicaments psychotropes en milieu aquatique. Quels effets sur les écosystèmes aquatiques ? Quelles implications au niveau sociétal ? » a débuté en 2011 et se poursuit jusqu’en 2014, sous la responsabilité de Florence Geret, écotoxicologue à l’Université de Toulouse.

Il est financé par l’Agence nationale de Sécurité sanitaire (ANSES) et l’Agence de l’eau Adour-Garonne et a pour objectif de permettre une vision étendue des effets des rejets médicamenteux (plus spécifiquement les médicaments psychotropes) d’un hôpital psychiatrique sur le milieu naturel. Cette étude vise à améliorer de façon significative la connaissance des risques liés à la présence de substances médicamenteuses dans les cours d’eau français.

Pour mener à bien ce projet comprenant à la fois un volet écotoxicologique et un volet sociétal, des chercheurs de différents horizons et différentes disciplines (Université de Toulouse-UTM, Université de Bordeaux 1, Cemagref de Lyon) travaillent en collaboration.

Le site d’étude est un hôpital psychiatrique possédant sa propre station d’épuration (STEP) permettant de traiter l’intégralité des eaux usées de l’établissement avant de rejeter l’eau dans le cours d’eau voisin.

Parmi les médicaments psychotropes utilisés, les neuroleptiques représentent la quantité la plus importante suivis des antidépresseurs et des anxiolytiques. Ainsi, la liste des 10 molécules psychotropes suivantes, à suivre au cours de l’étude, a été établie :

Des prélèvements d’eau mais également d’organismes vivants ont été effectués dans les habitats les plus représentés du cours d’eau, à savoir les sédiments et les macrophytes. Afin de réaliser les différentes tâches et expérimentations du volet écotoxicologique de l’étude, plusieurs points de prélèvements ont été définis à l’entrée et à la sortie de la STEP, au niveau du rejet de la STEP dans le cours d’eau, mais aussi en amont et en aval du rejet.

Schématisation des différents points de prélèvement

Les premiers résultats du début d’année 2012 ont d’ores et dèjà confirmé la présence de substances pharmaceutiques dont des psychotropes, dans le cours d’eau étudié après le traitement en STEP.

Ce type de résultats a déjà été observé par diverses études dont Bartelt-Hunt (2009) qui ont montré la persistance de nombreux composés médicamenteux dans les effluents de STEP. Les stations d’épuration basées sur un traitement physique (décantation) et biologique permettent une faible dégradation des molécules médicamenteuses. Ce faible pouvoir épurateur des STEP vis-à-vis des médicaments a également été démontré à travers de nombreuses études (Zorita et al., (2010)).

Bien que les concentrations en médicaments restent relativement faibles dans le cours d’eau, le rejet d’effluent a un impact sur la faune. Il semble que la richesse taxonomique, ainsi que la structuration des communautés d’organismes benthiques, tout comme ceux inféodés aux macrophytes, soient affectés négativement. Cet impact est important au niveau du rejet avec un nombre réduit d’espèces présentes et une abondance relative de ces espèces diminuée. Malgré tout, l’effet semble se dissiper en s’éloignant du point de rejet ce qui serait lié à un phénomène de dilution.

Concernant les effets des effluents hospitaliers spécifiquement sur des organismes modèles de laboratoires appartenant à différents niveaux trophiques, les premières études préliminaires semblent indiquer des impacts notables :

Sur des crustacés tels que le gammare la capacité à se nourrir et à se reproduire est affectée

Sur le poisson médaka, on constate un impact en terme de mortalité des embryons.

Chez certains mollusques comme les corbicules, on constate également une hausse de la mortalité des embryons

(Source photos: Atlas d’histologie topographique)

Les études écotoxicologiques du programme PSYCHEAU étant toujours en cours, de nouveaux résultats viendront compléter ceux-ci.

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